Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Ses parents, des juifs assimilés influents, parlaient l’allemand, le ruthène, le français et le roumain. Quand la guerre éclate, sa famille est envoyée dans un ghetto. En 1940 sa mère est tuée, son père et lui sont séparés et déportés. À l'automne 1942, Aharon Appelfeld s'évade du camp de Transnistrie. Il a dix ans. Recueilli en 1945 par l’Armée rouge, il traverse l’Europe pendant des mois avec un groupe d’adolescents orphelins, arrive en Italie et, grâce à une association juive, s’embarque clandestinement pour la Palestine où il arrive en 1946. C’est le début d’un long apprentissage pour cet adolescent de quatorze ans « sans parents, sans maison, sans éducation ». Pris en charge par l’Alyat Hanoar, il doit se former à la vie des kibboutzim et apprendre l'hébreu. C'était, dit-il, « comme avaler du gravier ». Suivent l’armée (en 1949) et l’université (1952-1956) où il choisit d’étudier les littératures yiddish et hébraïque, ainsi que la mystique juive. Ses professeurs sont Martin Buber, Gershom Scholem, Ernest Simon, Yehezkiel Kaufman. Comme lui, ils ont une double culture, mais c’est sa rencontre avec Shaï Agnon qui le convainc que « le passé, même le plus dur, n’est pas une tare ou une honte mais une mine de vie ». À la fin des années 50, il décide de se tourner vers la littérature et se met à écrire, en hébreu, sa « langue maternelle adoptive ». À la fin des années 1980, Philip Roth découvre son œuvre avec émerveillement et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
Un demi-siècle plus tard, Aharon Appelfeld, devenu l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps, a publié une trentaine de livres, principalement des recueils de nouvelles et des romans.
Histoire d'une vie, récit, traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti, prix Médicis étranger 2004, Éditions de l'Olivier, 2004
L'Amour, soudain, roman, traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti, Éditions de l'Olivier, 2004
Floraison sauvage, roman, traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti, Éditions de l'Olivier, 2005
L'Héritage nu, essai, traduit de l'anglais par Michel Gribinski, Éditions de l'Olivier, 2006
Badenheim 1939, roman, traduit de l'hébreu par Arlette Pierrot, Éditions de l'Olivier, 2007
La Chambre de Mariana, roman, traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti, Éditions de l'Olivier, 2008
Et la fureur ne s'est pas encore tue, roman, traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti, Éditions de l'Olivier, 2009